Le lîeu

 Le Lîeu

Lorsque nous nous sommes constitués en groupe local Pacte Civique notre projet était de contribuer à la création d’une « Maison de la Fraternité » à l’image de l’association « Entr’actifs » sur Voiron avec les personnes en situation d’exclusion. Nous sommes allés à la rencontre des associations d’aide aux personnes de la rue et aux personnes précaires avec l’idée de les réunir pour créer cette Maison.

C’est tout à fait autre chose qui s’est passé… Ce sont les personnes concernées qui ont exprimé leur besoin et mûri leur projet et en ont fait la promotion dans le cadre du budget participatif de la Ville de Grenoble.

Qu’est-ce que le « Parlons-en » ?

Le « Parlons-en » est un espace de parole, de débat ouvert aux personnes concernées par la grande précarité : habitants de la rue, ou anciens habitants de la rue, acteurs sociaux, associations, bénévoles, élus de la Ville de Grenoble… Il est aujourd’hui porté par l’association collégiale « Parlons-en », à laquelle deux d’entre nous participent, l’espace de parole en constituant l’assemblée générale.

Au cours de ces rencontres s’expriment les besoins, sont échafaudées des solutions, naissent des projets d’action…

C’est ainsi qu’est né le Collectif « Mort de Rue » (qui accompagne les obsèques des habitants de la rue), la Fabrique de solutions pour l’habitat » (lieu de bricolage, de construction de meubles ou d’abris avec matériaux de récupération, d’échange de savoir-faire), la « Caboterie » (pour faire garder son chien lors de démarches et d’hospitalisation), la « Maison conventionnée » pour des jeunes et leurs chiens, et bien sûr le projet du LÎeu.

Le LÎeu : naissance du projet

Il y a 5ans, une personne de la rue constate le manque d’un lieu pour se poser un moment quand tous les autres lieux sont fermés, ensuite a été proposée l’idée d ‘un regroupement de permanences sociales, puis celle de la « Maison de la Fraternité » portée par le Pacte Civique Isère et enfin l’expérience de la « Fabrique de solutions pour l’habitat » qui n’avait plus de locaux.

Ce projet a mûri peu à peu, en particulier au cours d’un « Parlons-en » centré autour de ce thème, avec des personnes, Associations et Collectifs intéressés à le soutenir. Il a été pris en compte par le Conseiller municipal de Grenoble chargé des affaires sociales, suite à un évènement organisé en plein centre ville pour nous rendre visibles et susciter un dialogue avec la population et les élus. La Ville nous a alors proposé de présenter notre projet au vote des grenoblois dans le cadre de son budget participatif.

Le LÎeu rêvé 

C’est le projet d’un espace pour les personnes de la rue et les personnes précaires, ouvert tous les jours, cogéré et animé par les personnes concernées – lieu pour prendre du temps pour soi avec les autres, prendre un café, échanger des informations, s’entraider — lieu de bricolage, d’échange de savoir-faire, pépinière de projets — lieu ouvert à tous, de mixité sociale qui veut faire tomber les étiquettes,–lieu de solidarité qui s’invente au fur et à mesure…

Du Lîeu rêvé au Lîeu réel 

Deux votes successifs des grenoblois ont permis de sélectionner le Lîeu parmi les gros projets (> 200.000€) proposés pour le budget participatif. La campagne d’information communication a été menée par de jeunes précaires en lien avec les Services de la Ville. Ils se sont donnés à fond, ils y ont puisé dans le projet une belle dynamique personnelle …

Nous en sommes aujourd’hui à mener un travail concret avec les Services municipaux. Le LÎeu se fera dans les garages et ateliers d’un ancien commissariat de police dans le quartier St Bruno à Grenoble : quartier vivant, proche du centre ville bien desservi par le tram, un marché quotidien, un tissu associatif dense etc.

Un premier travail sur les plans fait apparaitre des questions pratiques, et nous interroger sur nos priorités car il y un important travail de restauration et un budget de la Ville limité.

Nous ne serons ni un accueil de jour, ni un lieu de restauration, ni un lieu dédié à l’hygiène.

Mais nous voulons :

– pouvoir faire de la cuisine pour les membres du « Parlons-en », comme nous le faisons actuellement chaque mois à la Maison des Habitants

– pouvoir prendre une douche au sortir de l’atelier sans être pour autant être investi comme lieu d’hygiène

– être inséré au sein de la population et du tissu associatif être un lieu ouvert à la mixité sociale mais où les personnes précaires se sentent chez elles…

– un fonctionnement autogéré de façon collégiale, à rattacher (comment ?) à l’Association « Parlons en » ?

– rechercher des financements pour notre fonctionnement, qui nous permettent de garder notre liberté.

Une belle aventure et du travail en perspective pour les mois à venir : les travaux devraient commencer début 2019, pour une ouverture en Novembre suivant.

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